dimanche 4 novembre 2007

Les vacances: épisode 1, la folle du volant

Lundi soir, j'ai récupéré ma voiture pour aller chercher mes parents à l'aéroport. Je commence à bien avoir le trajet en mémoire. Et j'arrive à l'aéroport en un temps record.

Là, qui je retrouve? Typhaine! C'est incroyable comme Vienne est une petite ville, non? Elle allait accueillir sa soeur. On a attendu ensemble. Et quelques minutes après leur départ, voilà mes parents qui arrivent. On ne perd pas de temps et on récupère la voiture. De belles bourasques de vent les saluent pour leurs premiers pas sur le sol autrichien.

Papa: Il y a beaucoup de vent ici?
Moi: Oh non, seulement quand il ne pleut pas!

Bon, d'accord, j'exagère. Surtout que le ciel s'est montré clément pour nos visites. Il s'était vidé de toute la pluie la semaine avant.

Retour à la maison. En discutant, je suis la mauvaise direction et voilà déjà que je m'énerve. Heureusement, je commence à connaître la ville et il ne me faut pas longtemps pour retrouver un endroit que je connais.

Dans leurs bagages, plein de bon chocolat de chez nous et des cadeaux, des choses utiles comme ma deuxième couette (je suis parée pour accueillir mes visiteurs) ou des plats pour mon micro-ondes que je n'ai pas encore, et des choses que j'avais oubliées comme ma montre ou mes posters.

Le lendemain, je reprends la voiture. Direction Shopping City Süd (nom de code SCS). C'est un immense centre commercial à la limite de la ville. Il faut vraiment une voiture pour y aller. Et pour ramener tout ce qu'on a acheté.

Pour changer de magasin aussi la voiture n'est pas du luxe. Mais c'est loin d'être une partie de rigolade. J'en suis sûre maintenant, les Autrichiens ont un problème avec la gauche. Tourner à gauche au volant est quasiment mission impossible dans ce pays! Et me voilà en train de tourner, de tourner, de tourner, et de REtourner dans le parking derrière Ikea. Pas moyen d'en sortir pour aller au magasin d'électroménager. On s'était dit qu'on trouverait tout ce qu'il faut au MediaMarkt (pas fou!). Mais c'est un scandale! Un complot visant à imposer les écrans plats au monde entier. Ils en avaient des centaines exposés. Mais pas moyen de trouver les télés traditionnelles. Quand enfin on les trouve, il n'y avait qu'un modèle à moins de 100 euros! C'est n'importe quoi, on n'a plus le droit de vouloir une petite télé pas chère de nos jours? On a changé de magasin.

Mes parents m'ont gâtée: un cadre de lit (je n'avais qu'un matelas), un micro-ondes, une TV... On passe l'après-midi à installer tout. Je suis trop bien dans mon appart maintenant.

Le soir, restaurant! Mais nous n'étions pas seuls. Toute la Belgique avait décidé de visiter Vienne ces vacances? On pourrait le croire. Il se trouve que des amis de mes parents, Eliane et José, se trouvaient à Vienne au même moment, fameuse coïncidence. On les retrouve donc pour aller manger. Andreea, ma coloc, nous a suggéré le restaurant, et elle nous accompagne aussi.

En avant les bières spéciales, les Schnitzel, et les Strudel. Miam! Il fallait bien prendre des forces pour le lendemain.

On termine la journée par une visite de Vienne by night...



La Hofburg

Les vacances

J'avais une semaine de vacances pour la Toussaint... Mais elles ne s'annonçaient pas du tout inactives. Ma famille avait décidé de faire le déplacement en masse: mon père, ma mère, mes frères et mes soeurs, oh oh ce serait le bonheur... non je me laisse emporter!!!

Pour préparer leur venue, je me suis transformée en fée du logis et j'ai passé 3 jours à faire les courses, à cuisiner, et à frotter, ranger, aspirer, nettoyer l'appart. J'ai aussi mis au point dans les grandes lignes un programme de visites. Et j'ai visité le musée Albertina, pour m'assurer que ça valait la peine (je suis très consciencieuse, vous trouvez pas?)

Pas vraiment le temps de se reposer. Mais depuis quand les vacances sont faites pour se reposer???

Emilie, internationale de basket

Le lendemain des entrainements (durée totale 2h30!) j'étais cassée. Un mois sans faire de sport et recommencer par ça!

Mon royaume pour une bombe de Reflex Spray! Mais je n'ai pas plus de royaume qu'il n'y a de Reflex Spray en Autriche! Horreur! Heureusement je trouve le nom d'un produit équivalent sur le net et le trouve de suite à la pharmacie au bout de ma rue.

Le jeudi, jour du match, j'avais l'impression que la journée de cours ne voulait pas finir. Je retrouve une partie de mon équipe sur le terrain et rencontre l'autre partie juste avant le match, c'était un peu bizarre!

Je vous explique comment ça fonctionne. C'est un tournoi amical entre des équipes d'étudiants principalement (mais il y a aussi d'autres personnes). Les équipes doivent être mixtes et il doit toujours y avoir au moins une fille sur le terrain dans chaque équipe. Pour favoriser la mixité, les filles ont un point bonus quand elles marquent un panier (sauf les lancers francs). Et les garçons n'ont pas le droit de sauter pour les contrer. On peut faire les changements à n'importe quel moment (un peu comme on fait à l'entraînement). Il y une bonne ambiance.

J'ai marqué un 4 points! LOL C'est bizarre à dire, mais avec le points bonus, mon 3 points est devenu un 4 points! J'ai pas trouvé ma performance éblouissante mais mes coéquipiers et coéquipières (parce que dans cette équipe je ne suis pas la seule fille) avaient l'air impressionnés par mon shot.

On a gagné finalement, et après, on a été boire un verre pour fêter ça. J'étais en grande forme, motivée par le sport et le fait d'être dans une équipe.

Maintenant, j'ai même une vie sociale... ;-)

Emilie et les garçons

La semaine passée, les mises à jour ont été nombreuses mais pas suffisantes pour raconter tout ce qui s'est passé dans ces premières semaines de ma nouvelle vie.

Après avoir trouvé le rythme pour les cours à donner et m'être inscrite à des leçons d'allemand, il ne me restait plus qu'à me remettre au sport. Les gâteaux, ça ne pardonne pas pour la ligne.

Mon idée était de m'inscrire dans une équipe de basket. Le sport est un excellent moyen de rencontrer des gens, et puis ça me manquait.

On m'avait conseillé de m'inscrire au centre sportif de l'université. Il ne me restait plus qu'à comprendre comment faire... Après avoir cherché toutes les infos disponibles sur le net, j'ai pris mon courage à deux mains, et je suis partie. Mais ma première tentative s'est soldée par un échec. Je me suis trompée en prenant mes repères sur la carte et j'ai donc tourné pendant plus d'une demie heure avant de jeter l'éponge et de rentrer à la maison, fatiguée, affamée et frigorifiée.

Le lendemain, après vérification sur la carte, j'ai trouvé l'endroit où je devais aller et je ne sais toujours pas par quel miracle j'ai réussi à m'inscrire. C'était déjà une victoire.

Et le mardi suivant, je suis donc allée à l'entraînement. Mais l'Autriche me réserve toujours une surprise quand je ne m'y attends pas. Je débarque dans la salle, et là, je ne vois que des garçons... Je me laisse pas décourager, je me dis que les filles vont arriver. Mais elles sont jamais venues. Pourtant c'est bien un entraînement mixte. Bon, ça fait rien, j'étais trop contente de jouer. Et je fais de mon mieux pour ne pas me laisser impressionner, ce qui n'est pas simple quand des gars de deux têtes de plus que moi me fonce dessus. Même pas peur!!!

La barrière de la langue n'a pas été insurmontable. Bien sûr j'avais la roue de secours de l'anglais. Et puis la stratégie est de se mettre à la dernière place de la file et d'observer ce que font les autres.

Et pour ce qui est d'observer, j'ai bien observé. Certaines choses que je me serais bien passée de voir d'ailleurs. Parce que si les gars en Belgique mettent déjà leurs shorts bas quand ils jouent, ici, la mode, c'est encore plus bas visiblement. Et il faut bien dire que je n'ai pas l'habitude de jouer en voyant çà et là 20 cm de caleçon qui dépassent. C'était quelque peu... déstabilisant.

Mais bon, l'entraînement s'est bien passé. Même mieux que ça, puisque je me suis faite engager le jour même dans une équipe. Après l'entraînement un gars est venu me voir et m'a demandé si ça me disait de jouer dans une équipe qui participe à un tournoi pour le fun. Ils avaient besoin de filles dans l'équipe. Super! Et là, tout va très vite. Premier entraînement avec cette équipe immédiatement. Et ils me demandent de m'inscrire tout de suite, car le premier match a lieu deux jours plus tard.

Je rentre à la maison et je remarque à peine les 40 minutes de marche sous la pluie tellement je suis contente. Je le savais, le sport est parfait comme moyen d'intégration.

lundi 29 octobre 2007

Première à l'opéra

Je ne suis pas rentrée seule à Vienne, Typhaine est revenue avec moi. C'est bien plus amusant de visiter à deux. Du coup, on se fait notre petit programme. En l'occurence, nous avions prévu pour dimanche une soirée à l'opéra, où se jouait le ballet Coppélia.

Par où commencer? Par le début, sans doute: la file. Une file assez longue. Le soir de la représentation, nous nous sommes rendues à l'opéra pour acheter des Stehplatz, c'est-à-dire, des places debout. Elles ont l'avantage d'être à un prix défiant la concurrence: 2 ou 3,5 euros. Moins cher que le cinéma, c'est ce qui s'appelle rendre la culture accessible, non? Nous avons pris des places pour le parterre, celles à 3,5. Après avoir acheté les places, nous avons suivi le mouvement: les gens se rendaient déjà vers la salle. Le personnel de l'opéra nous a guidés et fait patienter dans une autre file, bien sagement sur le côté. Puis enfin nous avons pu entrer dans la salle et nous installer. Il y a des balustrades pour s'accouder. Les Stehplatz du parterre sont très bien situées. A la différence de l'opéra à Liège, chaque spectateur a ici son petit écran pour les sous-titres pendant la représentation. Mais de toute façon, je n'allais pas avoir l'occasion d'en tester le fonctionnement pour un ballet!!!

Une dame de l'opéra nous a alors expliqué en allemand et en anglais (devinez quelle version j'ai compris..) le déroulement de la soirée. On peut laisser quelque chose (une écharpe par exemple) sur la balustrade pour réserver la place où on se trouve, puis on peut sortir mais on doit revenir au plus tard 10 min avant la représentation. Les vestiaires sont obligatoires et gratuits. Il y aura une pause après chaque acte.

Typhaine et moi nous précipitons pour manger un bout, on n'avait rien mangé à midi. Direction le Subway, une sandwicherie version fast-food. Là, ça a été assez folklorique de commander ce qu'on voulait, mais nous y sommes arrivées. Malheureusement les déceptions culinaires n'étaient pas finies pour nous. Nous avions commander un menu. On s'attendait à le voir arriver avec des frites (comme au Pans & Company en Espagne, miam) mais non, il fallait entendre par chips, des chips, et pas chips au sens anglais, c'est-à-dire des frites. Et à propos de chips, comme si ce n'était pas assez scandaleux de considérer ça comme un accompagnement pour un repas, c'était des sachets minuscules, plus petits que ceux qu'on achète à la buvette d'une salle de basket. Ils nous verront plus chez Subway.

Retour à l'opéra. La représentation est magnifique. L'histoire (qu'on avait lue sur le net avant d'aller, par précaution - on a préparé ça comme des pros) est très bien, les costumes et les décors superbes. Génial! J'aime décidément beaucoup les ballets.

On profite des pauses entre les actes pour s'asseoir ou aller aux toilettes. Après la représentation, on s'attarde un peu pour mieux regarder la salle. La déco est luxueuse mais pas surchargée, c'est un équilibre délicat entre la simplicité et le kitsch qu'on attend d'un endroit pareil, avec ses dorures et son lustre en cristal de Bohême poli à la main (je sais pas s'il l'est vraiment, mais c'est ce qu'on nous a dit de presque tous les lustres qu'on a vus jusqu'à présent).

Une soirée très agréable. La première d'une longue série sûrement.

La touriste a encore frappé!

Après quelques visites de Typhaine à Vienne, il fallait bien que je lui rende la politesse en me rendant à Baden.

Ce que j'ai fait le week-end passé. Le trajet jusqu'à Baden est très facile. Il dure environ 40 min: 20 min pour sortir de Vienne, 15 min d'autoroute, et 5 min pour arriver jusqu'à chez elle.

Baden, si vous voulez, c'est un peu la version autrichienne de Spa. Petite ville avec quelques boutiques, un théâtre, un casino, et des thermes. Baden dit bien ce que ça veut dire. Nous avons donc opté pour les thermes, vu que le temps est digne de la Belgique en ce moment, il a fallu remettre la visite de la ville à une prochaine fois.

Après avoir pataugé pendant presque 2h dans des piscines de différentes températures, dedans ou dehors, avec ou sans remous, nous sommes rentrées puis resto.

On se dit qu'on va éviter les surprises avec un italien. Mais le tourisme apporte toujours son lot de surprises. On demande des profiteroles comme dessert. Jusque là, pas de problème. Mais la femme nous demande: "un?" On répond: "deux". C'est là qu'il a dû y avoir un problème. On n'a pas très bien compris ce qui s'est passé, mais elle nous a apporté UNE assiette de profiteroles, avec DEUX cuillères! On allait en demander une autre quand l'aspect du dessert a attiré notre attention: on aurait dit trois boules de mousse au chocolat séparées par de la Chantilly. On s'est dit qu'on allait d'abord goûté avant de demander une deuxième assiette. On a bien fait. Bêtement, on s'attendait à de délicieux petits choux fourrés de crème glacée, nappés de chocolat chaud et accompagnés de Chantilly. On a eu des petits choux remplis de crème fraîche avec sûrement un soupçon d'alcool, et enrobés de mousse au chocolat. Quelle déception!

Après ça, nous sommes sorties avec une coéquipière de volley de Typhaine et des amis à elle. Nous avons pu observer une danse très à la mode en Autriche. C'est un genre de techno, mais c'est pas de la techno. Ils ont l'air d'adorer. C'est une autre culture! LOL

Le lendemain, le temps ne s'était pas remis. La visite de Baden est tombée à l'eau...

Sprechen Sie Deutsh?

J'ai vite réalisé que je n'allais pas apprendre l'allemand au boulot, vu que je ne fais qu'y parler français. J'ai donc cherché des cours d'allemand. J'avoue que ça n'a pas été sans peine, mais j'ai finalement trouvé ce que je voulais: des cours, une fois par semaine, basés sur la grammaire, pour ne pas fossiliser des erreurs en apprenant la langue dans la rue, comme j'ai appris cet été à mon stage de FLE (français langue étrangère). On dirait que je sais de quoi je parle, hein??? lol

J'étais plutôt nerveuse à l'idée de m'inscrire. Les formalités administratives en allemand, c'est pas évident. Mais finalement tout s'est bien passé. Et après avoir essayé un groupe, j'ai opté pour le niveau supérieur. Je parle certainement pas aussi bien que les autres étudiants, mais au niveau grammaire, je suis. J'espère que ça me fera progresser assez vite. Mais je sais que j'ai encore beaucoup d'efforts à faire.

Pourtant c'est tellement facile. Les gens te parlent en allemand, et quand ils réalisent que tu comprends pas (bien) parce que tu es étranger(e), ils passent à l'anglais. J'ai tendance à me reposer beaucoup trop sur mon anglais. Tout ce qu'il ne faut pas faire, je le sais, mais je peux pas m'en empêcher...